Violence a caractère sexiste en Inde: une question qui relève des droits de la personne humaine

Lisbonne, Portugal, 1 et 2 février 2013

Résolution

Il y a un mois, le monde entier apprenait la nouvelle du viol brutal d’une jeune femme en Inde, Jyoti Singh Pandey, ainsi que les manifestations en Inde qui ont suivi son décès. Peu après, des rapports ont fait état d’autres viols collectifs atroces en Inde et ailleurs, en révélant le nombre effarant de femmes violées tous les ans et le fait que les auteurs de ces viols échappent à la justice.

Les femmes du monde entier rejettent de tels actes de violence et nous sommes déterminées à mettre fin à ces actes barbares. Nous ne pouvons pas laisser passer ce moment de lucidité sans saisir l’opportunité qu’il nous offre de prendre position pour la défense des droits des femmes.

Aucun pays n’est en mesure de revendiquer à 100 % que les hommes et les femmes sont élevés et vivent dans des conditions d’égalité absolue. Dans la plupart des pays, le fait d’être une femme est synonyme de très peu ou d’aucune éducation, d’une moins bonne santé, de ne pas pouvoir travailler ou de toucher un salaire bien inférieur à celui d’un homme. Malgré tout, la situation des femmes dans certains pays est plus favorable qu’ailleurs, et toujours meilleure lorsque la législation fournit une protection adéquate aux femmes qui sont victimes de viol.

L’Inde est classée 129ème (sur 187 pays) à l’Indicateur des inégalités de genre du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement). En Inde aussi, comme dans d’autres pays, on pratique fréquemment l’avortement sélectif des fœtus de sexe féminins, voire le meurtre des fillettes à la naissance ; une proportion plus importante du budget familial est affectée à l’éducation et à la nourriture des garçons, les femmes sont négociées comme des objets et le mariage de fillettes de 10 ans est considéré relativement normal. L’exploitation sexuelle des domestiques, qui sont traitées comme des esclaves, est une pratique répandue.

Ce viol collectif a suscité l’indignation dans l’opinion publique internationale. Tous les pays doivent mettre en place une législation visant à empêcher et à condamner sans pitié le viol et les violences à l’égard des femmes et des filles. Les droits des femmes sont des droits humains, et cela signifie que les pays doivent se donner toutes les ressources nécessaires afin de garantir leur respect.

En outre, nous prenons acte des déclarations faites par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de la personne humanine, Navanethem Pillay, et la Directrice exécutive de l’ONU Femmes, Michelle Bachelet, qui condamnent ces agissements. Au nom de l’Internationale socialiste des Femmes, nous condamnons vigoureusement les actes odieux de viol commis en Inde et dans d’autres pays.

L’Internationale socialiste des Femmes (ISF) appelle donc les gouvernements et partis membres de l’Internationale Socialiste, ainsi que les ONG défendant des principes proches de ceux de l’ISF, à :

exiger que le gouvernement indien entreprenne les réformes nécessaires pour ouvrir la voie à l’égalité entre les hommes et les femmes et pour éradiquer la violence à l’égard des femmes en Inde, conformément à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, et qu’il ratifie immédiatement son Protocole, autorisant ainsi les Nations unies à enquêter sur les plaintes déposées par des particuliers ;

apporter leur soutien à la société civile organisée en Inde et dans d’autres pays, dans ses revendications pour la justice et l’égalité comme élément fondamental du processus devant être lancé afin d’obtenir l’égalité entre les femmes et les hommes dans ce pays ;

exiger des gouvernements de tous les pays du monde qu’ils mettent en place des lois pour garantir la sécurité et les droits des femmes, dont le plus fondamental est le droit de vivre sans violence. Lutter contre la violence à l’égard des femmes et des filles doit être une priorité de l’ensemble de la communauté internationale ;

exiger et apporter leur soutien à l’engagement résolu des Nations unies en faveur de la promotion des droits des femmes, en faisant de la lutte contre la violence à caractère sexiste une priorité ;

apporter leur soutien résolu à l’étape 10 de l’agenda politique de la Directrice exécutive de l’ONU Femmes, Michelle Bachelet :investir dans l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes, et faire face aux causes fondamentales de la violence à l’égard des femmes et des filles et, en particulier, développer la participation ainsi que le leadership politique et économique des femmes.

Nous appelons à un véritable engagement en faveur de politiques d’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les pays, seul moyen de garantir l’élimination de toute violence à l’égard des femmes, car la violence est l’indicateur le plus clair et le plus brutal de l’oppression des femmes et des inégalités qu’elles subissent à travers le monde.

Nous exhortons les gouvernements à créer une législation pour combattre la violence à caractère sexiste d’un point de vue intégré, en introduisant des lois spécifiant des mesures de prévention mais condamnant également d’emblée les auteurs de violence, par le biais de l’éducation, de programmes de sensibilisation à la discrimination entre les hommes et les femmes, des services sociaux, des services de santé, de moyens publicitaires, de l’élaboration des politiques et des lois, c’est-à-dire des législations qui englobent tous les domaines et réagissent globalement aux conditions subies par des millions de femmes.

Nous exigeons un engagement renforcé et plus ferme en faveur de l’éducation, qui est fondamentale au développement dans tous les pays. Les gouvernements doivent y parvenir en incluant les femmes et les filles à toutes les étapes du parcours éducatif.

Nous exhortons tous les gouvernements à mettre en œuvre à l’école une politique d’égalité face à l’éducation, vu que l’apprentissage des valeurs éthiques est le principal moyen dont on dispose pour veiller à ce que les générations futures grandissent et partagent sur un principe d’égalité et que l’éducation est l’unique voie permettant de promouvoir les droits de l’homme.

Enfin, l’Internationale socialiste des Femmes appelle chacun et chacune d’entre nous, ainsi que tous les partis progressistes, les leaders et les médias du monde entier à se joindre à l’indignation que ces événements ont suscité dans l’opinion publique en Inde, en rejetant l’hypothèse qu’il s’agit d’un événement ponctuel. Cet incident déplorable doit servir au lancement d’une campagne internationale contre le viol et la violence à caractère sexiste.

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FIN